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 Eleqtra Vey, Sith en devenir

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Eleqtra

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Date d'inscription : 08/10/2018

MessageSujet: Eleqtra Vey, Sith en devenir   Dim 21 Oct - 15:32

Nom : Vey
Prénom : Eleqtra
Âge : 19 ans
Genre : Féminin
Espèce : Togruta
Planète natale : Nar Shaddaa
Précisions : Née en esclavage sur Nar Shaddaa, puis au service de la Maison Thul, jusqu'à ce que son lien avec la Force soit détecté.

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Eleqtra

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MessageSujet: Re: Eleqtra Vey, Sith en devenir   Hier à 14:26

L'eau coulait sur ses montrals, sur son visage, sur sa lèvre tuméfiée. Elle passa un doigt dessus, songeuse. Le coup de pied de son Seigneur et Maître Kirilana Fenn avait été parfaitement placé, visant le centre de son visage, destiné à la défigurer. Elle avait eu de la chance : seule sa lèvre avait pris, et si pour le moment le bout de chair éclatée la faisait souffrir à chaque mot prononcé, à chaque bouchée avalée, elle savait que sa lèvre guérirait, retrouverait son blanc neigeux.

Elle coupa l'eau pour se savonner, lentement et prudemment, grimaçant à chaque effort. Son Maître ne l'avait pas épargnée, la maintenant contre le plafond avant de la faire choir et de la cueillir du pied à la mâchoire. Elle se souvenait avoir vu le sabre de son Maître fuser vers elle, et avoir crié, peur et instinct mêlés. Le coup de sabre n'était jamais venu, mais un éclair l'avait prise au centre du dos. Elle se souvint de la douleur qui l'avait parcourue, raidissant son corps entier, réveillant en elle des vestiges de souffrance qu'elle avait crues effacées.

Elle se laissa tomber au sol, sous l'eau qui coulait toujours. Ses mains tremblaient. Non, tout son corps tremblait comme une feuille battue par l'ouragan. Recroquevillée en position fœtale, contre la paroi de la cabine, elle tenta de se calmer.

Avec un effort de volonté, elle se releva, acheva sa douche, et se força à se confronter à ses propres réussites. Aurait-elle cru, un an auparavant, pouvoir voir le Seigneur Noir, Darth Sevrous en personne, et y survivre ? Aurait-elle pu supposer, un an auparavant, qu'elle avait un lien avec la Force et qu'elle deviendrait Apprentie Sith ? Aurait-elle pu imaginer, un an auparavant, qu'elle troquerait un maître-possesseur pour un Maître-professeur ?

Non. Un an auparavant, sa vie était la même que toutes les années précédentes. Une vie de chose, d'objet, d'animal, dont la vie n'avait de valeur que monétaire, dont l'humanité était niée. Ça lui paraissait déjà si loin...

De son enfance, elle n'avait que peu de souvenirs. Une classe d'enfants d'esclaves reproducteurs, comme elle, dont les géniteurs avaient été soigneusement choisis pour produire des rejetons beaux, intelligents ou forts...  Mais rarement les trois à la fois, car ils auraient faits de potentiels esclaves rebelles, et les esclaves rebelles, ça ne se vendait pas bien. À ce titre, elle avait été un échec, puisque sa vivacité d'esprit s'était montrée tôt, alors que ses maîtres n'attendait d'elle qu'une plastique parfaite.

E-0187, car tel était son matricule, avait vite compris que se montrer trop rusée lui vaudrait des punitions. Elle devait de contenter d'être belle et de se taire. On leur enseignait les bases : lecture, écriture, calcul, basic. Elle voulait en apprendre plus... Elle favorisa donc l'ingénuité, posant à tous ceux qui s'occupaient des enfants toutes sortes de questions innocentes :


"Pourquoi on porte des colliers et pas vous ? Comment ça naît les enfants ? À quoi ça sert l'argent ?"

Elle y mettait une telle innocence désarmante qu'elle obtenait généralement au moins une réponse partielle. C'est ainsi qu'elle apprit que les esclaves reproducteurs étaient choisis à la puberté et passaient ensuite les vingt années suivantes pour les femmes et trente pour les hommes, à copuler ou, si refus, à être inséminés artificiellement. Elle ne savait pas ce que voulait dire "un C minéa rtificiè lment" mais ça n'avait pas l'air d'être agréable. Elle avait essayé de se renseigner sur ses parents, pour apprendre que les nourrissons ne rencontraient jamais leur père et n'avaient le droit de rester avec leur mère que jusqu'à ce qu'elle soit apte à enfanter à nouveau.

E-0187 avait alors résolu qu'elle ne deviendrait jamais reproductrice. Elle continua à poser des questions, voyant avec panique ses jambes s'allonger, ses hanches commencer à apparaître, ses seins se former. La puberté arrivait et avec elle la menace de devenir une vache à lait, une vache à veaux. Tout mais pas ça ! La Togruta continuait à poser des questions, mais ses surveillants commençaient à la connaître. Le plus elle posait de questions, le plus elle montrait son intelligence, le plus ses maîtres envisageaient d'en faire une reproductrice plutôt que de la vendre : trop intelligente pour faire une bonne esclave. Elle sentait l'étau se refermer autour d'elle.


***

"Allonge-toi là."

Le ton était impérieux et sec. E-0187 s'exécuta. L'angoisse lui tordait l'estomac. Elle avait les yeux brûlants, comme quand le surveillant la grondait pour une bêtise qu'elle n'avait pas faite. Mais elle ne pleurerait pas. Elle ne pleurait jamais, même quand ses camarades esclaves la prenaient pour cible de moqueries et de délations inventées.

Elle avait 13 ans. Elle venait d'avoir ses premières règles. Le sang qui avait dégouliné entre ses jambes, maculant son uniforme grisâtre, l'avait emplie d'horreur. Non qu'elle craigne le sang, car elle y avait déjà été confrontée : c'était la signification de cette manifestation de sa fertilité naissante qui l'avait pétrifiée. Elle était condamnée.


"Écarte les jambes."

Elle avait l'impression de ne plus être dans son propre corps, de le regarder du point de vue d'une autre personne, de se voir, pauvre petite adolescente perdue, sur le lit d'examen.

Le médecin enfila des gants stériles et lui attrapa les cuisses sans ménagement, observant puis fouillant du doigt cette partie d'elle-même qu'elle n'avait même pas pu explorer seule.

Il nota quelques mots sur son calepin puis lui fit signe de sortir. Chancelante, elle se releva et quitta la pièce, sachant son sort scellé. On lui fit encore quelques examens de fertilité, puis elle fut déplacée du Centre d'Éducation au Centre de Reproduction.

On lui assigna un nouveau matricule. Elle n'était plus "E-0187", elle était "R-573". E pour Enfant, R pour Reproductrice. Elle avait encore un ou deux ans devant elle, avant de devoir porter le premier bébé à vendre qu'on lui imposerait. Mais ce n'était pas la peine d'éduquer une Reproductrice, elle n'avait besoin que d'être en bonne santé, donc elle ne profiterait plus des cours dispensés pour les Enfants à vendre.

Elle tenta une grève de la faim. Peut-être qu'une Reproductrice anémiée pouvait être reclassée ? Non : on lui fit des perfusions, on la nourrit de force, on l'électrocuta et on la menaça de mort si elle recommençait.

Elle recommença alors à poser des questions : sur la vie de Reproducteur, sur les rapports et l'insémination, sur ses parents. Au fil de ses interrogations, elle finit par apprendre que les "vieilles" Reproductrices, celles qui avaient dépassé les 35 ans ou produit leurs vingt bébés réglementaires, étaient vendues, souvent comme aides de maison. Et pour éviter la moindre tentative d'utilisation de leurs gènes en contrebande, on les stérilisait avant la vente.

Une fois cette information en tête, la Togruta ne cessa plus une seule seconde de tenter d'obtenir davantage de renseignements. Elle accompagna même une future "retraitée" à sa procédure, comme soutien moral, découvrant avec plaisir que la stérilisation se faisait par simple piqûre.

Il ne lui restait plus qu'à dérober une seringue.


***


Quelques mois passèrent, sans qu'elle n'obtienne la moindre occasion d'accomplir son forfait. Il fut temps de repasser un examen médical, s'assurant que ses organes reproducteurs finissaient correctement leur formation. Ce n'était pas le même médecin, c'était une dame, mais il aurait été bien difficile de voir plus d'empathie en elle que dans le docteur précédent.

Au moment de se relever du lit, la jeune esclave fit mine de perdre l'équilibre, feignant l'évanouissement. Elle se rattrapa au médecin, tombant violemment sur elle, de tout le poids de son corps pubescent. Le coin du lit de métal percuta la tempe de la doctoresse, qui perdit conscience.

Affolée par son propre succès, l'adolescente hésita un instant, avant de se précipiter vers le frigo médical. Elle avait repéré la couleur de la seringue la dernière fois, et la trouva après une recherche rapide. Sans perdre de temps, sans désinfection, elle dégoupilla l'aiguille et se la planta dans le ventre, comme elle avait vu faire pour l'autre.

Une fois que ce fut fait, elle jeta la seringue, puis se précipita vers la doctoresse qui reprenait conscience.


"Ça va ? Je suis désolée, je ne voulais pas vous faire mal, ne me punissez pas, s'il vous plaît !"

Elle sanglotait à moitié, de pleurs sincères, tant sa propre audace la traumatisait.

La doctoresse l'écarta d'un geste agacé, vérifia qu'elle se portait bien et la congédia.

De retour dans le dortoir, elle resta prostrée sur son lit, espérant de tout cœur que le traitement avait marché.

Elle eut mal au ventre pendant une semaine entière, mais dissimula ses douleurs du mieux qu'elle put. Quelque part, cette souffrance la réjouissait : c'était sans doute un indice de sa réussite. Et en effet, quand vint la semaine de ses règles, aucun sang ne coula.

Quand ses maîtres finirent par se rendre compte qu'elle était désormais stérile, elle fut punie. Pas parce qu'ils soupçonnaient qu'elle s'était injecté le produit stérilisateur, mais juste pour lui apprendre qu'une bonne esclave ne décevait pas ses maîtres.

Et puis elle fut vendue au rabais.


***


Elle n'avait pas quinze ans quand elle quitta le Centre d'Esclavage. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle apprit qu'elle appartenait à un Hutt, qui faisait partie des rares de son espèce à privilégier la reproduction d'esclaves à leur capture. Ses slogans s'affichaient partout sur les hologrammes publicitaires qui ornaient le Marché aux Esclaves :

"Un esclave élevé en captivité est un esclave docile !"
"Le meilleur de la reproduction eugénique !"
"Adressez-vous à Vala Kula Sotta pour les meilleurs esclaves de Nar Shaddaa !"

Elle reconnut quelques visages familiers parmi les esclaves à vendre, mais se garda d'effectuer le moindre geste. À vrai dire, elle ne savait pas vraiment que ressentir. Elle avait échappé à un destin de Reproductrice, mais son futur était désormais plus qu'incertain. Quand il fut temps de monter sur la scène, elle serra les dents, tentant de montrer un visage impavide.

"Eeeet voici, un magnifique spécimen de la race Togruta, qui aura quinze ans dans quelques mois. Un corps vierge et de grande beauté, un esprit malléable !"

L'enchère débuta. De ce qu'elle saisissait, le prix annoncé était volontairement bas : son propriétaire actuel devait vouloir éviter des réclamations... Mais la conséquence en était que les acheteurs potentiels se méfiaient de cette aubaine. Où était le défaut ? Pourquoi une jeune Togruta était-elle à si bas prix ?

Elle fut finalement achetée par un humain, qui se révéla être un revendeur d'esclaves, l'emmenant sur Alderaande pour faire un profit. En chemin, il s'assura qu'elle savait au moins danser et servir des boissons.

Arrivé à destination, il trouva finalement acheteur au sein de la Maison Thul. Un bas gradé l'acheta, la nomma Vey, et l'assigna aux tâches de ménage, puis de service. C'est ainsi qu'elle assista à de nombreux festins, servant les boissons, se déhanchant pour le plaisir des maîtres. Sans doute était-ce mieux que d'enfanter sur commande...

Et puis un jour, elle trouva un des anciens de la maison, un vieux Thul du nom d'Ardieste, endormi dans un salon privé, lors d'un des banquets. Elle le réveilla discrètement. Il lui demanda de le raccompagner à sa chambre. Son grand âge l'avait quelque peu poussé à la sénilité et sans doute sa gentillesse pour l'alien s'expliquait-elle ainsi. Il remercia la Togruta, à son grand étonnement, et lui demanda son nom.


"Vey ? C'est un peu bref. Je t'appellerai... Eleqtra."

C'est ainsi, à seize ans révolus, que la jeune esclave eut droit à un véritable nom, qu'elle choisit de garder et chérir en souvenir d'Ardieste. Le lendemain, il l'avait fait réaffecter à son service. Il s'avéra que le vieil homme n'aimait plus guère la compagnie et les soirées, mais se languissait d'une présence à ses côtés. Il reconnut rapidement la vivacité d'Eleqtra et s'amusa à lui enseigner tous les savoirs qu'elle ignorait. Sous son égide, sa compréhension de l'univers et de ce qui le régissait s'étendit exponentiellement, à son grand plaisir. Chaque soir, en s'endormant, elle se félicitait de s'être injecté le contenu de la seringue.

***

Eleqtra s'étira en sortant de la douche, puis se sécha soigneusement en commençant par ses montrals, puis ses lekkus. Évidemment, elle s'était fait mettre à terre par son Maître et le supérieur de celle-ci, donc elle ne trouvait rien de mieux à faire que de se perdre dans des souvenirs douloureux. Oui, elle avait bien fait de se stériliser elle-même, ça, elle n'en doutait pas. Et une fois vendue, elle avait fini au service d'Ardieste Thul, qui l'avait éduquée malgré son origine servile. Il lui avait même offert une robe précieuse, dont elle prenait depuis le plus grand soin, et des bijoux pour ses montrals et lekkus, qu'elle n'avait plus quittés depuis.  Et tout ça, en échange de lecture à voix haute, qui fatiguait sa vision fragile.

Mais le vieil homme avait fini par se faire rattraper par la démence sénile. Deux ans après l'arrivée d'Eleqtra, il oubliait des événements survenus quelques minutes plus tôt. Bientôt, il ne la reconnut plus du tout : après tout, elle ne lui avait tenu compagnie que pour un tout petit fragment de sa vie.

Et puis il finit par mourir, de vieillesse, tranquillement dans son lit.

Eleqtra avait ce jour-là compris réellement ce qu'était la tristesse. Avant, elle avait connu la peur, principalement, et la rage, parfois. Mais la tristesse, celle de perdre quelqu'un à qui on avait tenu, était nouvelle. Elle devint apathique et ne s'indigna même pas quand elle fut reléguée au rang de serveuse, comme à son arrivée.

D'une certaine façon, la mort de son seul ami avait fait d'elle ce que ses maîtres initiaux n'avaient pas réussi à produire : une bonne esclave, obéissante et silencieuse. Eleqtra sombra au fond d'elle-même, les yeux vides, le cœur lourd, l'esprit absent.

Lorsqu'un jour Vey fut convoquée dans le bureau du chef de famille, elle ne ressentit ni curiosité ni angoisse. Son futur lui était bien égal : qu'elle soit revendue, donnée ou tuée, elle n'en avait cure. Elle avait survécu jusque là, à la force de sa volonté, mais la lueur qui l'avait éclairée pendant deux brèves années avait disparu. L'obscurité avait tout englouti.

Elle se rendit, placide, au bureau et toqua à la porte.


"Entre."

Elle s'exécuta, les yeux baissés, ne prêtant aucune attention aux personnes dans la pièce. Servilement, elle s'inclina puis demeura immobile, en bon meuble.

"Je te présente le Seigneur Vonkan, qui nous fait l'honneur d'effectuer un déplacement jusqu'ici."

Une pointe de curiosité amena Eleqtra à jeter un coup d'œil à l'étrangère : que faisait une Sith ici ? Mais elle revint bien vite à son apathie.

"Son Excellence m'a fait part d'une demande te concernant : il semblerait que tu aies un lien avec la Force. Bien que je me permette d'en douter, je ne m'autoriserais pas d'aller à l'encontre des décisions de Darth Siqsa. C'est donc avec plaisir que je t'offre à leurs bons soins."

Elle ? Avoir un lien avec la Force ? Mais oui, bien sûr... Qu'était cette mascarade ? Une nouvelle manière de la faire souffrir pour le plaisir de ses maîtres ?

"Va avec tes nouveaux maîtres, Vey. Je t'autorise à conserver les effets offerts par mon grand-oncle. Et si tu parviens à t'illustrer, n'oublie pas le foyer que t'a offert la Maison Thul."

Bien plus forte que l'anxiété à la perspective de devenir une acolyte, Eleqtra sentit une joie simple sourdre en elle : elle allait pouvoir garder la belle robe et les bijoux que lui avait offerts Ardieste et qu'elle chérissait par-dessus tout. L'avenir n'était peut-être pas si sombre.

***

Eleqtra finit de se sécher, puis se dirigea vers sa couche, sur laquelle reposait sa robe et ses bijoux. Elle caressa pensivement le tissu, doux et soyeux, de sa tenue favorite, suivant les broderies fines du doigt, savourant leur délicatesse. Puis elle enfila le vêtement, comme toujours charmée par la liberté de mouvement qu'il offrait, malgré sa longueur et son ampleur. C'était véritablement un objet au-dessus de son statut, une marque de l'affection qu'avait eue son vieux maître pour elle. Suivirent les bijoux qui ornaient ses montrals et lekkus, au métal ciselé, aux dorures élégantes, épousant parfaitement les formes de ses appendices. Pendant les longs mois dans l'enclave, c'était le port de ces effets qui avait entretenu la détermination de l'ancienne esclave.

Le groupe d'acolytes était restreint, composé d'anciens esclaves, comme elle, mais également d'humains. Elle n'avait pas réussi à s'intégrer tellement au groupe, même si elle s'était liée d'amitié avec une Twi'lek à la peau indigo.

Leurs surveillants et professeurs étaient durs et sévères, mais ne manifestaient pas d'hostilité par principe contre les acolytes aliens. Du moins, au début.

Eleqtra s'était plongée avec délice dans l'histoire de l'Empire, dans les préceptes Siths. Lorsqu'on lui avait enseigné le code Sith, elle avait d'abord été perplexe, puis intriguée. Ces affirmations, ces phrases à la sonorité si riche, à la syntaxe si simple, lui parurent une énigme à résoudre. Elle les apprit par cœur, s'en berçant le soir, savourant dans la formulation du dogme sa propre déclaration d'indépendance, sa découverte de la liberté.


"La Force me libérera." répétait-elles aux ombres nocturnes, à ses regrets et ses espoirs, à ce nouveau futur qui se dévoilait devant elle.

Et puis, quelque chose sembla s'emballer dans la politique impériale, dans les strates supérieures. Certains surveillants partirent, pour être remplacés par d'autres, franchement xénophobes. Ceux qui restaient durcirent leurs position, sans doute pour se protéger, ou peut-être était-ce l'inverse : peut-être avaient-ils dissimulé leurs véritables croyances jusque là.

Curieuse, comme à son habitude, Eleqtra laissa traîner ses oreilles, posa quelques questions innocentes, profitant du mépris que tous lui portaient. Elle eut des échos de la destruction de deux planètes du Cercle de Siqsa, duquel dépendait l'enclave dans laquelle elle se trouvait. Il y eut mention d'un Kaggath. Elle ignorait ce qu'était un Kaggath et en profita donc pour se renseigner dessus. Son amie Twi'lek disparut. Les surveillants l'invectivaient ou faisait semblant de ne pas la voir. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, elle savait juste que le déséquilibre politique l'impactait directement.

Elle réussit à glaner quelques noms : les duellistes, Kirilana Fenn, victorieuse, et Aingun Krant, perdante. Mais aussi le nouveau dirigeant du Cercle, Darth Sevrous, et ses convictions conservatrices. Le mystère qui entourait la mort du précédent, Darth Siqsa...

Sa soif de savoir était loin d'être étanchée, mais elle n'arrivait pas à agencer les pièces du puzzle pour autant. Il lui manquait tant d'informations...

Et puis un jour, le Surveillant Jhxûl lui dit de se rendre à l'aire de transport, sans lui donner plus d'explications.

Quelle ne fut sa surprise quand elle rencontra la personne qui venait la récupérer. La tout juste nommée Seigneur Kirilana Fenn.


Dernière édition par Eleqtra le Dim 18 Nov - 16:16, édité 1 fois
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Eleqtra

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MessageSujet: Re: Eleqtra Vey, Sith en devenir   Hier à 14:50

[Pour cette partie, les passages en bleu ont été rédigés par Tiati Varshyn.]

Eleqtra finit de se rhabiller et ressortit de sa chambre, afin de se rendre à la cantina de la tour. Elle voulait se changer les idées après cette éprouvante journée. Sa collègue apprentie, Tiati, s'y trouvait déjà, furibonde mais silencieuse. Elles furent rejointes par une troisième apprentie, Afyra Skuldargren. L'animosité entre cette dernière et Tiati inquiéta Eleqtra, qui n'en menait pas large, jusqu'à ce que l'héritière Varshyn quitte brusquement les lieux, lui demandant de la rejoindre plus tard.

Restée seule avec Afyra, Eleqtra bavarda avec elle. La fille du Seigneur Skuldargren la surprit agréablement : elle ne manifestait pas de mépris envers elle, bien au contraire, elle semblait lui porter un intérêt presque... séducteur. Quelque peu intimidée, Eleqtra prit soin de ne pas répondre aux avances de l'Apprentie du Seigneur Holani, mais accepta cependant quand celle-ci lui proposa de venir consulter les archives de sa famille au domaine des Skuldargren. Il n'était pas question de s'y rendre sur-le-champ, malheureusement, puisqu'elle était confinée à la Tour sur les ordres de Darth Sevrous, mais elle promit à Afyra d'en faire sa première destination dès qu'elle serait libre de ses déplacements.

Elle prit ensuite congé de la jeune humaine pour rejoindre Tiati, comme elle le lui avait demandé.

Tiati attendait Eleqtra dans sa chambre. Ses cheveux d'habitude soignés et entretenus seront défait, et elle portera une tunique ample.

Eleqtra toqua à la porte, attendant une réponse avant d'entrer.

La porte s'ouvrira sans qu'elle ne lui dise d'entrer.


Ah, te voila !

Elle semblait plus calme que plus tôt. La pièce est sobre au possible, n'ayant que le strict nécessaire pour vivre et très peu éclairée.


Eleqtra entra, notant la coiffure défaite et la tenue décontractée de sa collègue. Elle ne l'avait jamais vue ainsi, même après leurs épreuves sur Korriban. Malgré tout, elle n'irradiait pas la même colère que lors de leur échange à la cantina, ce qui acheva de surprendre la Togruta. Elle inclina légèrement la tête, en guise de salut.


Tu voulais me voir ?

La question était bien plus neutre que l'état d'esprit de celle qui la posait : elle était décidément intriguée et n'attendait plus que d'avoir le fin mot de l'histoire.

Oui. Entre, ne reste pas dehors.

Elle sourit poliment. Il n'y avait pas l'animosité habituelle dans sa voix. Elle avait longuement réfléchi à des moyens d'obtenir sa revanche sur sa mère et elle savait qu'elle allait devoir faire des efforts pour se faire des alliés. Même si ça signifiait de s'allier à des aliens....Cette pensée l rebutait mais elle la laisser de côté.

J'ai beaucoup réfléchi, après avoir revu ma mère....et j'ai remarqué que tu étais friande d'apprendre de nouveaux mots en Haut Sith.


Eleqtra referma la porte derrière elle et s'avança vers son hôtesse qui... lui souriait. Incroyable. Rien que pour ça, l'entrevue en aurait valu la peine ! La jeune Togruta marqua l'image dans sa tête, demeurant cependant méfiante, à son habitude. Que lui valait cette politesse tout à fait inattendue ?

Elle comprit quand Tiati reprit la parole : la jeune Tsis avait déjà évoqué sa mère, et pas d'une manière positive... Eleqtra rendit son sourire à Tiati avant de répondre.


Tout nouveau savoir m'intéresse... Et dans mon apprentissage de l'Art Sith, la maîtrise de sa première expression, le Haut Sith, me semble un passage nécessaire, en effet.

Je le parle. Grâce aux cours que j'ai eu....Je peux te proposer un nouveau marché, ki hadzuska. (Mon ombre) J'ai besoin d'informations sur ma mère. Sur ses activités.... Si tu parviens à m'en trouver, des informations me permettant de faire pression sur elle....Je t'enseignerai tout mon vocabulaire. Je t'apprendrai à parler couramment le Haut Sith.

Elle s'avança pour la regarder dans les yeux, son regard montrant la haine qu'elle porte à sa mère, et la reconnaissance que la Togruta pourrait y gagner si elle y parvenait.


Eleqtra se lécha les lèvres, tentée mais hésitante. Le marché que lui proposait Tiati était plus qu'intéressant... Mais s'aliéner une noble Sith n'était peut-être pas la meilleure idée, surtout au vu de son arrivée récente et de son statut d'alien... Et pourtant...

Eleqtra releva les yeux, croisant le regard mordoré de la Tsis, brûlant de haine, avide de vengeance.

Oh, et puis, si elle avait réussi à survivre jusqu'ici, c'était bien parce qu'elle savait poser les bonnes questions, de la bonne manière, aux bonnes personnes... Se renseigner sur une noble, justement, devrait bien être faisable !


J'accepte ton marché, Tiati. Informations contre formation...

Elle sourit, prends une grande inspiration et lui tends la main.

Marché conclu ?


Eleqtra acquiesça et tendit sa propre main pour serrer celle de sa camarade.

Marché conclu.

Bien, j'espère que tu réussiras. Tu n'es pas si inutile finalement. Peut être même que je finirai par t'apprécier....

Elle se retourne et va vers son lit.

C'est tout ce que j'avais à te dire. Merci d'être venue.


Eleqtra soupira. Bien évidemment, la Sith à la peau rouge ne pouvait pas laisser passer une occasion de laisser transparaître son mépris... Un jour, elle le lui ferait ravaler. Mais d'ici là, elle apprendrait d'elle tout ce qu'elle avait à offrir.

Merci à toi, et... Bonne soirée.

Sur ces mots, elle quitta la pièce, rejoignant sa propre chambre. Le véritable entraînement avec Maîtresse Fenn allait débuter le lendemain, et il fallait qu'elle soit en forme.


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Eleqtra

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MessageSujet: Re: Eleqtra Vey, Sith en devenir   Hier à 16:16

La tête légère, le cœur battant à tout rompre, Eleqtra revint vers sa chambre. Ces derniers jours, ces dernières semaines, avaient été si remplies qu'elle n'avait pas vu le temps passer. Depuis son arrivée à la Tour de Darth Sevrous, sa vie avait encore pris un nouveau tournant, plus qu'inattendu. Certes, l'audience avec le Seigneur Noir avait été assez littéralement douloureuse, mais elle avait pu profiter de jours suivants pour s'en remettre. Après son entrevue avec Tiati, elle avait joint à ses recherches personnelles quelques recherches sur A'data Varshyn, la mère de sa collègue. Elle avait exploité avec délice les ressources informatiques de la Tour, tapant des mots-clés presque au hasard, puis se laissant emporter par l'arborescence des articles et des notices. Elle s'était retrouvée ainsi à étudier la société Hutt et Hutta, puis la manipulation génétique sur des êtres vivants, avant de s'égarer sur l'histoire de Ziost, tentant d'en apprendre plus sur la famille Varshyn. Tous les soirs, elle se couchait la tête pleine de savoirs nouveaux, mille nouvelles questions surgissant à chaque information engrangée.

Au bout de quelques jours de liberté, qu'elle n'avait utilisés que pour lire, lire et lire encore, elle fut appelée par son Maître, Kirilana Fenn. Dans ses appartements, la Sith semblait plus radieuse que jamais. Elle demanda à son Apprentie comment se déroulait son acclimatation, comment se développait sa relation avec Tiati. Prise de doute, Eleqtra dissimula son accord avec l'héritière Varshyn, expliquant seulement qu'elles avaient décidé de mettre leur inimitié de côté… pour le moment. Son Maître lui demanda alors de se renseigner sur les Premier et Deuxième Grand Schismes de l'Ordre Jedia, sur les Cent Ans d'Obscurité et sur la dénommée Sorzus Syn.
L'entrevue se poursuivit par un entraînement physique sur la terrasse de la Tour, au grand désespoir de la Togruta, qui abhorrait le combat : elle avait peur de sa propre arme, de son propre sabre. Comment pouvait-elle se battre avec un outil qui l'effrayait ? Mais sous les assauts et les conseils de son Maître, elle avait tenté de se reprendre, de faire de son arme une excroissance de son bras, de s'y connecter par la Force, de la dompter. Elle n'y était à vrai dire pas véritablement parvenue, mais ses efforts avaient été salués par son Maître. Elle savait désormais ce qu'il lui restait à faire, et comment travailler son escrime…

Les jours suivants avaient été consacrés à ses recherches. Elle avait mis de côté la demande de Tiati, se concentrant sur le rapport qu'elle devait rédiger pour son Maître. Elle avait découvert avec surprise la filiation de l'Ordre Sith à l'Ordre Jedi – naïvement, elle avait toujours cru que les deux ordres avaient surgi en même temps et avaient toujours coexisté. Il n'en était rien, puisque les Sith ne portaient ce nom qu'à cause des autochtones de la planète où s'étaient échoués les douze Jedis Noirs survivants. Et Sorzus Syn était devenue une héroïne pour elle : une scientifique humaine, qui avait choisi de tourner le dos à l'éthique restrictive des Jedis, pour explorer les innombrables possibilités de la manipulation génétique afin de créer de terrifiantes créatures, douées de Force, parmi lesquelles les plus impressionnantes étaient les Léviathans. Une partie d'Eleqtra ne mourait que d'une envie : se renseigner sur ces recherches, et peut-être, un jour, les répliquer…

Mais il n'en était pas temps : elle avait soigneusement consigné toutes ces informations dans un datacron, en un rapport probablement bien plus long que ce à quoi s'attendait son Maître, et s'était présentée devant celle-ci à sa demande. Sa collègue, Tiati, était également présente, mais n'avait pas pu, elle, remplir sa mission, ce qui lui valut de sèches remontrances de la part du Seigneur Fenn. Tentant de dissimuler sa satisfaction, Eleqtra put résumer ses recherches et – comble de la joie – conserver son précieux datacron : sa première œuvre personnelle, ses recherches sur l'origine de l'Ordre Sith.

Puis, Kirilana congédia Tiati, pour tourner son ire vers Eleqtra : la Tsis avait révélé leur accord à leur Maître, qui n'appréciait pas du tout que son Apprentie Togruta lui ait caché celui-ci. Pendant un instant, Eleqtra avait cru que tout était fini pour elle…

Mais, non. La jeune femme sautillait presque en arrivant dans sa chambre, la douleur seule l'en empêchant. Son Maître l'avait punie, mais aussi récompensée. Non – honorée ! Elle se sentait emplie d'une telle joie sauvage qu'elle se surprit à vouloir dévaster sa chambre, engloutir trois fois son poids en Nuna rôtis et gaufres spatiales, boire jusqu'à plus soif du Lum et du Brandy Corellien, se noyer dans les délices du plaisir sexuel, hurler son euphorie… Tant de désirs puissants s'entrechoquaient en elle, qu'elle ne parvenait plus à la contrôler – elle savait seulement qu'elle n'avait jamais ressenti pareille satisfaction divine. Son Maître l'avait récompensée, son Maître avait félicité sa loyauté, son Maître, son Maître… ! Elle n'arrivait pas à sortir de sa tête la scène qui venait de se dérouler, et son Maître, si terriblement belle, à l’œil ardent, à la peau pâle, émanant une aura de danger si délicieuse… Elle savoura encore, et encore, le souvenir de leur brève étreinte, peau contre peau, se répétant à mi-voix les mots de son Maître, brûlante d'émoi, frémissante de plaisir…

Finalement, subjuguée par ses propres émotions, elle se contraignit à en faire quelque chose, et s'autorisa une douche. La douleur de l'eau sur sa brûlure la fit sourire, l'emmenant plus près encore de  l'extase. Tout ce qu'elle avait fait pour arriver jusqu'ici, tout ça n'était rien, comparé à ce qui allait venir…

Oui, ses épreuves sur Korriban avaient été terribles, et elle y avait été à peine préparée. Oui, elle avait tué pour la première fois une personne – une Sith à la peau rouge qui plus est – durant sa première épreuve, alors que celle-ci l'avait aidée, lui avait révélé le sens d'une rune en Haut Sith, l'avait assistée dans sa première transe – mais le Côté Obscur avait réclamé son sang et Eleqtra le lui avait offert, en goûtant une goutte au passage. Sa deuxième épreuve avait été bien plus douce : elle avait élaboré un thé aux vertus curatives, exploitant ses connaissances, infusant les herbes rares pour l'Ermite Noir qu'elle avait si souvent associées pour son ancien maître, Aldreste. Mais la dernière épreuve avait été la pire : après avoir crapahuté dans l'obscurité d'un souterrain de longs jours durant, s'approchant de plus en plus du pôle de Korriban, sentant le froid la glacer à travers les quelques oripeaux qui lui servaient encore de vêtements, blessée à la suite d'un éboulement, elle avait retrouvé sa rivale, Tiati, en pleine forme.

Là, elles avaient rencontré un esprit, capable de s'incarner par la Force, une prouesse qu'Eleqtra n'aurait jamais pu imaginer. Elle avait admiré sa puissance, s'était inclinée avec reconnaissance quand l'ancien Sith leur avait proposé de les accompagner à destination – puis s'était battue de toutes ses forces quand il les avait finalement attaquées. Tiati l'avait trahie, à ce moment-là, choisissant égoïstement de conserver leur butin pour elle seule, et, emplie de courroux, Eleqtra le lui avait fait payer, envoyant d'une poussée de Force totalement incontrôlée l'être antique qui les affrontait sur sa rivale.

Eleqtra sentit tout à coup quelque chose s'animer en son centre : une rage larvée, une colère grondante. Oui, Tiati n'avait cessé de la trahir, de la mépriser, de la contempler, hautaine, du haut de son piédestal xénophobe, d'une famille pourtant ruinée – Eleqtra en savait quelque chose, puisqu'elle s'était renseignée sur sa génitrice ! La fureur bouillait en elle désormais, mêlée de rancœur. Elle lui ferait payer.

Mais pas maintenant. Pas tout de suite. Pas en fonçant tête baissée. Elle devait continuer à feindre l'infériorité. Sa tactique initiale ne changerait pas. Elle se montrerait faible, tout en amassant ses forces, elle ferait croire à sa bassesse, tout en s'élevant plus haut que jamais. Elle ne décevrait plus jamais son Maître. Sa vie lui appartenait.
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