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 Byggvir, l'ours d'Alderande

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Byggvir

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MessageSujet: Byggvir, l'ours d'Alderande   Lun 10 Mar - 13:02

Chapitre 1 : Torture

Un journal ! Je ne vois pas en quoi écrire un journal m'aiderait à "résoudre le conflit intérieur qui me pousse à une autodestruction certaine". Enfin puisque de la bonne volonté de cette abruti de bureaucrate dépend mon retour au service actif, ainsi soit-il, je vais écrire mes états d'âme. Bien commençons par le commencement, mon plus ancien souvenir en rapport avec la république.

Je reprenais péniblement mes esprits, je parvins à ouvrir les yeux, tout était flou. Durement la réalité se rappela à moi, je sentis mon corps douloureux, le contact du sol métallique, le vrombissement des moteurs qui me vrillait les oreilles. Je me sentais agressé de toutes parts, je m'agitai. Je réalisai soudain que j'étais attaché, les mains liées dans le dos à un tuyau. Je tirai dessus, rien n'y fit, j'étais prisonnier. Je regardais autour de moi, des caisses de munitions m'entouraient et un empilement de missiles me faisait face. Je soupirai, la tête encore lourde. Je tentai de me remémorer les récents événements. Je me rappelai chassant avec Mitsi et Gamil, je me rappelais notre joie d'être tous ensemble. Mais très vite la douleur me saisit, je savais qu'il s'était passé quelque chose, mais je ne parvenais pas à m'en souvenir. Plus je fournissais d'efforts, plus la fatigue s'emparait de moi, je finis par y céder.
Je fus réveillé par le bruit du métal sur le métal. Je me réveillai en sursaut. Un homme me regardait une timbale d'eau à la main. Un plateau était posé à mes pieds, il déposa la timbale à côté. Il me sourit.
" Mange, tu vas avoir besoin de forces.
- Pourquoi ?
- Le temps n'est pas aux questions, mange."
Il me détacha, je m'exécutai. Ce n'est qu'en mangeant que je me rendis compte à quel point j'avais faim. Une fois mon repas frugal achevé, il me rattacha et me laissa seul. Les choses me semblaient plus claires, je fouillai à nouveau ma mémoire, et tout me revint. La découverte du cube, les troupes républicaines qui nous avaient surpris, moi me dénonçant afin de sauver mes frères et pour finir le coup qui m'avait assommé. Etaient-ils mort ? Je ne pouvais le savoir, mais j'en étais persuadé, je m'étais sacrifié pour les protéger et voilà que j'étais en vie et eux morts. La tristesse m'envahit, les larmes m'assaillirent et je ne parvins pas à les retenir. La douleur me tenaillait le coeur tandis que les larmes coulaient sans fin. Je ne sais combien de temps je restai ainsi, mais j'aurais pu continuer encore pendant longtemps si un autre soldat n'était entré dans la soute qui me servait de cellule. Il souriait à pleine dent, jouissant du plaisir à venir.
" Bien, bien, bien. Alors dis moi qui es-tu ?"
Il me regardait de ses yeux bleu acier, comme s'il pouvait lire en moi, je soutins sont regard. Son sourire s'élargit.
" Allons petit, ne me force pas à faire des choses que nous regretterions tous les deux, parle et tout se passera bien. Qui es-tu ?
- En quoi cela vous importe-t-il, vous êtes venu et vous avez tout détruit, ma vie, mes frères, tout cela n'est plus. En quoi mon existence vous importe, tuez moi qu'on en finisse !"
Je finis ma phrase en hurlant et je compris à ce moment, qu'en effet, c'était ce que je souhaitais, tout était fini, plus rien importait, alors autant que tout se termine maintenant qu'au moins la souffrance s'arrête. Il sourit de plus belle et se parlant à lui même il murmura.
" Trop simple, trop rapide, où serait le plaisir ?" Puis revenant sur moi il déclara. "Je ne souhaite pas ta mort, bien au contraire. L'artefact que tu as trouvé contient des informations qui nous seront extrêmement utiles, entre nos mains, elles pourraient renverser l'issue de cette guerre. Alors parle, dis nous ce que tu sais, tout ce que tu sais."
L'avidité faisait trembler sa voix, ses yeux étincelaient. Je restais stupéfait devant cet être devenu fou sous mes yeux. Il m'effrayait, je savais qu'il ferait tout pour avoir ce qu'il cherchait. Cependant, je ne savais rien, le cube ne m'avait révélé aucune information, je savais qu'il ne me croirait jamais, mais avais-je d'autre choix ?
" Je n'en sais rien, comment pourrais savoir quoi que ce soit, je ne suis qu'un pauvre gosse de Raxus. J'ai seulement vu le cube briller, c'est tout."
Il éclata de rire, un rire de dément. Je sus que la suite ne me plairait pas. La terreur me saisit, c'est une chose d'accepter la mort, c'en est une autre d'accepter la douleur.
" Je savais que tu dirais cela, mais ne t'inquiètes, à deux, nous saurons trouvé tes souvenir perdus."
Il apporta un bac d'eau et le posa devant moi.
" Cela sera un peu artisanal, je m'en excuse, mais à bord d'un vaisseau, nos possibilités sont limitées."
Il attrapa l'arrière de ma tête et la plongea sous l'eau. Il n'y a rien de comparable à la noyade, depuis je fus plusieurs fois brûlé, mutilé, frappé par des tirs de blaster, mais la noyade reste la pire souffrance que j'ai jamais ressenti. Au début, persuadé que cela ne durera pas, vous retenez votre respiration, mais lentement le besoin de respirer s'insinue dans votre esprit, il grandit peu à peu, vous prenant tout entier. Vous devez respirer, alors vous vous débattez, et je me suis débattu, mais le soldat était plus fort que moi, cela ne revient ainsi qu'à épuiser plus vite vos réserves. Alors même si au plus profond de votre être vous savez qu'à l'extérieur, il n'y a que de l'eau, vous voulez ouvrir la bouche, votre corps, ce pauvre abruti, reste persuadé que cela résoudra tout vos problèmes alors que cela ne fera que vous conduire à une mort certaine. C'est à ce moment là que le soldat me tira par le col et me sortit la tête de l'eau, je respirai une goulée d'air, je revécus, j'en ressentis une immense affection envers mon tortionnaire, il me permettait de vivre, je débordai de reconnaissance. Mais presque instantanément, il me remis la tête dans l'eau. Tout l'espoir et la joie que je ressentais s'évanouirent. J'étais effrayé, je souffrais, et seule une pensée prédominait, je priai pour que le soldat ait pitié de moi. Il répéta sa manoeuvre plusieurs fois et plus il continuait plus je comprenais à quel point mon existence était soumis à son bon vouloir, il pourrait continuer à me faire souffrir aussi longtemps qu'il le voulait. Et soudain, il lâcha prise, je me relevai, avalant goulûment autant d'air que je pouvais. Quel bonheur de respirer, quel bonheur de sentir l'air qui circulait dans mes poumons. Soudain une quinte de toux me prit, je recrachai toute l'eau que j'avais avalé. Puis respirai à nouveau, mes poumons étaient encore douloureux, l'eau y avait fait des dégâts et respirer me faisait souffrir, mais cette douleur ne m'importait pas devant le bonheur que je ressentais.
Je regardais le soldat en face de moi. Il me sourit. Soudain j'eus envie de tout lui dire, tout plutôt que de revivre ça. Les paroles se bousculèrent dans ma bouche, je lui fis part de tout ce que je savais, je n'omis pas le moindre petit détail et lui m'écouta calmement, puis arriva un moment où je fus à court de mots. Je ne savais que lui dire, je regardai le bac d'eau, la terreur me saisit. Le soldat me sourit à nouveau, son regard me sembla bienveillant. Il pointa du doigt l'empilement de missiles.
" Que peux tu me dire sur ces ogives ?"
Sa question me laissa perplexe, mais connaissant la sanction de mon silence, je parlai, bien que de ma vie, je n'avais jamais de tel matériel.
" Eh bien ce sont de longs tubes en métal, empilés les uns sur les autres."
Il soupira, je sus que ce n'était pas la réponse qu'il souhaitait. Il sortit un couteau et l'approcha de mon visage, il passa son autre main derrière ma tête afin de la maintenir en place, il enfonça sa lame sur mon visage et l'entailla en profondeur d'un côté à l'autre. Je hurlais, mais l'homme n'en tint pas compte. Une fois l'entaille proprement dessinée dans ma chair, il se recula et admira son oeuvre. La douleur était intense, je peinais à rester conscient, mon visage et mes poumons me brûlaient comme si l'on m'y avait appliqué un tison.
"Je reviendrai, je t'interrogerai et si tu ne peux répondre à aucune de mes questions, je t'en referai une."
Il repartit, la douleur me dévorait, je m'évanouis.
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Byggvir

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MessageSujet: Re: Byggvir, l'ours d'Alderande   Lun 28 Avr - 17:01

Chapitre 2 : La mort est un choix


Je me réveillais péniblement, les poumons toujours douloureux. J'accommodais difficilement mais je vis la silhouette d'un homme appuyé contre un mur, je le fixais l'air abruti, je plissais les yeux, je sentis le sang coagulé sur mon visage se craqueler, une ligne brûlante se traça. Je grimaçai. Je réussis à discerner les traits de l'homme et la terreur m'envahit, je reconnu mon tortionnaire. Il me sourit, son regard froid me glaçait.
"Bien, bien , bien, tu es réveillé." Il se rapprocha de moi, déplaça la bassine devant moi, le raclement du métal sur le sol me fit frissonner. "Que peux tu me dire sur les guerres mandaloriennes ?"
Je le regardais d'un air ébahi, je n'avais pas la moindre idée de ce dont il voulait me parler. Lentement mon regard descendit, s'attardant sur l'eau de la bassine, je déglutis lentement, je savais ce qui m'attendait. D'une voix chevrotante, je dis : "Rien." Une larme coula le long de mon visage, ravivant la douleur de ma blessure.
"Dommage." Il prononça ce mot d'un air goguenard et attrapa ma tête avant de l'enfoncer sous l'eau, je me débattis mais je ne pouvais m'échapper, puis enfin lorsque j'atteins les limites de ma résistance, il me permit de sortir ma tête de l'eau, je respirais à plein poumons.
"Tu peux au moins me donner le nom de ceux qui se sont affrontés." Il me regarda, plissant les yeux, je tardais à répondre. "Visiblement, non." Il replongea ma tête sous l'eau, j'agrippais la main de mon tortionnaire, mais il ne me lâcha pas. L'air se fit rare dans mes poumons, je suffoquais, j'ouvris la bouche dans le vain espoir de pouvoir respirer sous l'eau, l'eau envahit mes poumons, me brûlant, j'hurlai sous l'eau, il sortit ma tête de la bassine. Je recrachai l'eau que j'avais avalé, laissant mes poumons meurtris.
"Je vais t'aider, ce sont les guerres MANDALORIENNES, quels étaient les deux camps en présence ?"
Je toussais, chaque respiration m'arrachait une grimace de douleur "les ... mandaloriens ?", dis je le regard empli d'espoir.
"C'est un question ou une réponse ?" À nouveau il m'enfonça la tête sous l'eau, je tentais de le frapper, de le griffer, mais rien n'y fit, à nouveau l'eau s'engouffra dans mes poumons avant qu'il ne me permette de respirer à nouveau l'air vicié de ma cellule improvisée. La douleur m'était insupportable, je toussais après chaque respiration, brûlant un peu plus mes poumons, mais je ne pouvais m'en empêcher. Il soupira.
"Une dernière question, que peux tu me dire sur ces ogives ?" Je pleurais de dépit, il me torturerait jusqu'à ce que je lui dise ce qu'il souhaitait savoir, mais moi je ne se savais rien de tout cela, et ça il ne l'accepterait jamais. D'un air triste et misérable, je le regardais dans les yeux espérant susciter en lui un infime éclat de compassion. Il me regarda souriant. "Il semblerait que tu ne souhaites pas beaucoup parler, tant pis." Il haussa les épaules, sortit son couteau et me fit une nouvelle entaille en travers du visage, j'hurlais de douleur et à nouveau à bout de force je m'évanouis.

À ma plus grande tristesse, une routine s'installa, il attendait que je me réveille. Il me questionnait tant qu'il le pouvait, me parlant de sujets aussi divers que le cycle de vie du tauntaun, la grande guerre de l'Hyperespace, la formation des étoiles dans les galaxies ou encore la Force. Mais je ne savais rien de tout cela, et mon ignorance était sévèrement punie, j'en vins à craindre la bassine elle même ou plutôt l'eau qu'elle contenait. Chacune de ces séances se concluait de la même manière, il me demandait ce que je savais des ogives et il m'entaillait à nouveau la chair. J'étais épuisé, je souffrais, mes forces m'abandonnaient, par moment la folie me gagnait, je perdais toute lucidité et éclatais de rire sans raison, mon tortionnaire semblait s'en amuser.
Ce rituel était parfois interrompu par le soldat qui m'apportait à manger, il se disputait souvent avec mon tortionnaire. Il n'appréciait pas ce qu'on me faisait subir, mais à part quelques remarques amers, il ne faisait pas grand chose pour moi. Il parlait souvent de ses supérieurs qui les attendaient depuis longtemps déjà, que cela ne valait pas le coup et qu'il vaudrait mieux me laisser à la base et arrêter tout ça, mon tortionnaire répondait en souriant qu'il serait dommage d'arrêter car j'allais bientôt craquer.
Je souris, "craquer", cela faisait bien longtemps que j'avais dépasser ce stade, je lui aurais avouer n'importe quoi pourvu qu'il arrête de me supplicier ainsi. Lorsqu'il me laissait seul, je passais tout mon temps à fixer ces tubes de métal me concentrant de toutes mes forces pour savoir ce qu'ils pouvaient bien être. Pourquoi était il tant persuadé que je savais quoi que ce soit dessus ? C'étaient des tubes de métal, voilà la seule chose que je savais.

J'étais assis, dans la pénombre, à contempler ma porte de sortie, la seule chose qui pouvait me sauver de la douleur à venir, les ogives. Mais comme à chaque fois, je ne savais ce qu'elles étaient. Je pleurais devant mon impuissance, si seulement je savais, ne serait ce qu'une information sur ces ogives, peut être pourrais je éviter la balafre. Je plissais mes yeux, mon visage craquela, la douleur me zébra la face. Je grimaçai, mais je continuais à me concentrer sur les ogives, je devais savoir, je voulais savoir. Ma tête me faisait souffrir, mais je gardais les yeux fixé sur ces tubes, me forçant à ne penser qu'à eux, fouillant ma mémoire, interrogeant mon intuition. Et soudainement quelque chose se brisa, le savoir envahit mon esprit tel l'eau jaillissant et emportant tout sur son passage après qu'un barrage eut cédé. En l'espace d'un instant, je savais tout de cette ogive, je vis la moindre parcelle de ce tube, je ressentais le moindre fil, le moindre bouton, je savais à quoi elle servait, comme l'utiliser, comment la désamorcer. Je voyais tout ça. L'ivresse m'envahissait, je savais, je pourrai échapper à la prochaine balafre, j'éclatais de rire, plusieurs blessures se rouvrirent, mais je m'en fichais. Puis mon regard se détourna, de l'ogive je passais à un tuyau, je le remontais lentement, je ressentais l'enchevêtrement complexe de l'hydraulique du véhicule, les pompes, les différents liquides, les canaux, certains distincts d'autres liés. Ensuite je distinguais le circuit électrique complexe, je vis le cockpit, les différents boutons et leur utilité. Je me complaisais dans cette quête de connaissance, j'étais heureux, le savoir venait m'abreuver, je souhaitais m'abandonner à lui, il venait, ou plutôt j'allais à lui et il me faisait du bien. Ma vie n'était que douleur, mais là j'étais apaisé, je savais. Mon regard se voilait, je perdais pied avec la réalité et j'en étais heureux. Je quittais mon corps, je le savais, mais alors seule une chose m'effrayait : y retourner.
Je sentis un léger contact à l'arrière du crâne, je ressentis une profonde terreur, mais sur le coup je ne compris pas, j'étais apaisé, je n'avais rien à craindre. Soudain je ressentis le contact de l'eau, la peur rompit le contact entre la connaissance et moi, je repris brusquement contact avec la réalité.
"Alors simplet, on divague ? C'est pas comme ça que tu vas t'évader, parles, parler est ta seule chance que je m'arrête." Il ricana, puis il m'interrogea sur les défenses militaires de Coruscant, sujet sur lequel j'ignorais tout. Mais cette séance fut différente, mon esprit était occupé à autre chose que supporter la douleur, je cherchais à comprendre ce que je venais de vivre. Mais il était difficile de se faire noyer et de réfléchir en même temps, cependant cette distraction me permit de supporter plus facilement la douleur. Il semblait déçu, je peinais à dissimuler ma joie de diminuer son bonheur et pour finir il me posa sa question rituelle : "Que peux tu me dire sur ces ogives ?" J'hésitais, je savais quoi lui répondre, je savais comment m'éviter de souffrir, mais je ne voulais partager ce moment de bonheur avec lui, pour la première fois que je les avais rencontré, j'avais été apaisé, je ne voulais pas qu'il détruise cela, même pour cela je devais souffrir. D'un air résolu, je dis : "Non, je ne sais rien." Une nouvelle balafre s'ajouta aux précédentes, mais cette fois ci, je tins bon, je restais conscient. Il sortit visiblement étonné, mais reprenant consistance il me promit de m'interroger plus longuement la prochaine fois. Plus que la douleur, la curiosité me dévorait, qu'avais je vu, que c'était il passé, qu'est ce que tout cela voulais dire, le cube, les soldats, maintenant ça...
Pendant que je songeais à tout cela une chose me frappa, le tuyau auquel j'étais attaché, il contenait un liquide extrêmement froid, je tournai le regard vers une valve sur le tuyau, j'éclatais de rire. D'un coup de pied, je fis voler la valve, le liquide jaillit, glacé. Avec précaution j'approchai mes liens en l'espace d'un instant ils se refroidirent et d'un coup sec je les brisai. La joie m'envahit, j'étais libre, enfin libre. Je m'allongeai par terre et éclatai de rire, une quinte de toux me saisit. Je contemplais le plafond d'un air béat, je bougeais mes mains en tout sens, profitant de ma liberté retrouvée, caressant mes poignets.
Puis mon regard s'attarda sur la porte, et lentement le désespoir m'étreint, j'étais sur un vaisseau, ma liberté serait de courte durée, il viendrait et me punirait pour m'être délié les mains. Je m'assis, désespéré, je me laissai tomber sur le côté, je m'affalais sur les ogives et soudain je réalisai qu'elles étaient véritablement ma seule échappatoire. Je savais comment les activer, je déglutis, la mort serait rapide, à une telle distance je mourrai avant de ressentir la douleur. Je pris une profonde inspiration, je toussai, je regardai la bassine, je secouai la tête. Tout était préférable à cela même et surtout la mort.
J'ouvris le boîtier de contrôle de l'ogive, je saisis deux fils et les mis en contact, le compte à rebours s'enclencha. Je fis un pas en arrière et m'assis, dans 5 minutes tout serait fini, je souris, j'avais fait ce qu'il fallait et puis il mourrait avec moi. J'étais apaisé, je regardais les ogives et attendais la fin, je laissais mon esprit divaguer, je revis le cockpit, la complexité du circuit électrique, les fils qui s'emmêlaient et parcouraient tout le vaisseau.
Soudain je me figeai, je me retournai les yeux grands ouverts, puis je souris.
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Byggvir

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MessageSujet: Re: Byggvir, l'ours d'Alderande   Mer 30 Avr - 13:11

Chapitre 3 : Amour naissant


Comment avais-je pu oublier ça ? Je posais mes mains à terre et me relevais péniblement. J'avançais vers une pile de caisse de munitions, je les déplaçais une par une, découvrant une porte. Je baissai un levier, un bruit de décompression, la porte s'ouvrit laissant apparaître une pièce d'une taille raisonnable, un grand espace libre et au fond deux sièges. J'entrai, frappai un bouton du poing, la porte se referma dans un bruit de succion. J'avançai, m'assis sur un des sièges et souris. Trois capsules, une proche du cockpit pour les pilotes, une proche de la pièce principale pour les soldats et une dans la soute à équipement pour les munitions, ce n'est pas leur tentative ridicule pour la camoufler qui m'avait arrêté.
J'enclenchai quelques boutons, un bruit métallique, la capsule se désarrima et d'un coup les propulseurs s'enclenchèrent, la capsule s'écartait du vaisseau. Je me levai et marchai jusqu'au hublot arrière, je regardai le vaisseau républicain, dans quelques secondes il ne serait plus.
Je vis les deux autres capsules s'éjecter, je souris, trop tard. Je vis le vaisseau exploser, les débris fusaient en tout sens, transperçant les deux capsules qui ne tardèrent pas à exploser elles aussi. Mes yeux s'agrandirent, je déglutis, je me jetai sur le siège de pilotage et lançai la capsule au maximum de ses possibilités, usant le peu de carburant disponible. Mais une capsule de sauvetage n'est pas prévu pour les performances de vitesse, une aile du vaisseau républicain, projetée dans ma direction par l'explosion, finit par me rattraper et frapper la capsule. Le choc fut rude, la capsule se mit à tourner sur elle même, les réacteurs détruits sous l'impact. Je me retrouvais pris dans ce mouvement, je ne pouvais rien faire. J'agrippai mon fauteuil, j'avais l'estomac au bord des lèvres, j'avais du mal à garder les idées claires, tout oscillait en tout sens. Je tentais de m'accrocher, mais c'était trop pour moi, je m'évanouis.

Je ressentis un choc violent, j'ouvrais péniblement les yeux. J'avais du mal à reprendre mes esprits, tout tournait autour de moi, mais cette fois, cela ne venait pas du mouvement de la capsule, elle était immobile. J'étais allongé sur le côté sur le tableau de bord, je sentais le vent qui caressais mon visage, le soleil qui me réchauffait, le métal froid sous moi et un goût métallique dans la bouche, je crachai. Avec difficulté, je bougeais mes mains, je sentis un liquide chaud, je ne savais pas pourquoi mais au fond de moi, ça m'inquiétait. Je fis lentement glisser ma main vers moi, je sentis une plaque en métal. L'esprit encore embrumé, je baissais les yeux vers mon ventre, la plaque perçait mon ventre, mon sang s'écoulait lentement. Je gémis et articulai péniblement "Putain", je reposai ma tête sur le sol. Une larme coula sur mon visage, avoir vécu tout ça pour au final crever comme un abruti, si proche de la liberté, j'enrageais.
J'étais fatigué, j'ahanais. Je savais que la fin arrivait, je l'acceptais. Je sentais la vie qui s'écoulait hors de moi en même que mon sang, j'étais fatigué, si fatigué. Je remarquais à peine la silhouette qui avançait vers moi, de toute façon peut m'importait, tout était fini, je m'assoupis.

J'ouvris les paupières, la lumière m'éblouit. Je clignais des yeux et rapidement j'accommodai. J'avais la tête lourde, comme si je m'étais pris un coup violent à la tête, je peinais à reprendre contact avec la réalité. Je tentais de me relever, l'esprit encore brumeux, je sentis une douleur me déchirer le ventre, j'hurlai, je me réveillai totalement. Une main se posa sur mon torse, délicatement elle me poussa, je n'avais pas la force de lui résister. Une voix douce se fit entendre.
"Reste allongé, tu es salement amoché. Rien d'irréparable, mais tu as besoin de repos."
Je me tournai vers la voix. Elle était si belle, de long cheveux brun lui coulaient en cascade sur les épaules. Elle me regardait de ses grands yeux sombres, son regard était si chaleureux et bienveillant, je ne puis m'empêcher de lui sourire béatement, ravivant au passage la douleur de mes cicatrices, je laissai échapper une légère grimace. Elle me sourit en retour, dévoilant ses belles dents blanches. Elle caressa mon torse de sa main, se pencha sur moi et m'embrassa tendrement le front. Je frissonnai à ce contact, j'étais légèrement mal à l'aise devant son geste, mais c'était agréable. Je rougis imperceptiblement.
"Je suis heureuse que tu te réveilles enfin, cela fait trois jours que je t'ai trouvé. Je dois y aller, mais repose toi bien, reste dans le lit et ne fais aucun mouvement, tu risquerais de rouvrir tes blessures."
Elle sourit à nouveau et sortit de la chambre. Je passais ma main sur mon ventre, des bandages l'entouraient. Je parcourais mon corps, découvrant diverses contusions et brûlures, ma tête était entouré d'un bandage également. Je réalisais soudain que j'étais entièrement nu dans le lit, mon visage s'embrassa. J'allongeais ma tête sur les oreillers et fixais le plafond tentant de calmer l'excitation qui m'avait saisi.

Je ne saurais dire combien de temps je passais ainsi, fixant le plafond, laissant mon esprit divaguer. Et finalement elle finit par revenir, elle me sourit, je lui souris, elle s'approcha de moi, releva mes couvertures me dévoilant jusqu'à la taille, je rougis à nouveau. Elle semblait s'en amuser, elle me fixa de ses yeux noirs, un sourire en coin. Puis elle me refit mes pansements et engagea la conversation. Ce contact me gênait, et je ne faisais que balbutier des "réponses" à ses questions, elle sourit et décida de me parler d'elle. Elle s'appelait Namira, elle avait à peine 20 ans, elle vivait chez son père, un modeste agriculteur, elle était infirmière à la base militaire toute proche. Sa mère était morte depuis quelques années déjà et elle s'occupait seule de son père. Peu à peu je me sentais plus à l'aise avec elle et je commençais à participer à la discussion. Je prétendis être amnésique pour éviter les questions gênantes. Nous discutâmes pendant longtemps après le coucher du soleil. Elle finit par le laisser, je devais me reposer d'après elle, j'en avais besoin. Je n'en avais pas l'impression, cependant je m'endormis avant même qu'elle soit sortie de la chambre.

Quelques semaines s'écoulèrent ainsi, elle prenait soin de moi en bonne infirmière et nous discutions, nous riions ensemble. Je n'avais jamais été aussi heureux de ma vie, j'aimais son sourire, son regard, le contact doux de ses mains sur mon corps endolori. Je me remettais vite, elle même ne le comprenait pas. Elle dérobait du kolto pour moi, mais même sachant ça, ma récupération était impressionnante. Elle me permit finalement de sortir du lit, au début seulement pour faire un tour autour de la maison de son père et puis peu à peu nous marchions plus loin, nous discutions plus longtemps. Chaque moment passé avec elle réchauffait mon coeur, elle comblait le vide laissé par la mort de mes frères.
Un jour que nous marchions, nous avons été surpris par l'heure, le soleil se couchait. Nous décidâmes de nous asseoir en haut d'une petite colline et de profiter du spectacle. Le ciel tout entier s'embrasait, mais irrésistiblement mon regard se détournait de ce spectacle et s'attardait sur le visage de Namira, elle souriait. Une éclat rouge l'éclairait, elle était sublime, son regard s'illuminait, ses cheveux flamboyaient. J'ouvris la bouche, je voulais parler mais seul un souffle en sortit. Mon coeur battait à tout rompre, ma respiration s'accélérait, je tremblais et cela n'avait rien à voir avec le vent frais qui nous caressait.
Je voulais faire quelque chose, mais je ne savais pas quoi. Jamais je n'avais fait ça avant, je n'avais jamais éprouvé ça avant. Elle était assise en tailleur, le regard au loin. Je me détournais d'elle, contemplant le soleil agonisant, rassemblant le courage en moi, lentement je déplaçais ma main en sa direction, je fermai les yeux, inspirai profondément et délicatement je posai ma main sur la sienne. Un frisson me parcourut l'échine, je sentis son regard se poser sur moi, je n'osais la regarder. Mais je devais savoir comment elle réagissait, ce qu'elle pensair, timidement je tournais ma tête vers elle, elle me fixait de ses sublimes yeux noirs, impassible, elle pencha légèrement sa tête sur le côté, elle me sourit, dévoilant ses belles dents blanches. Tendrement elle posa sa main sur ma joue et murmura en me fixant de son regard si chaleureux.
"Moi aussi."
Lentement elle se rapprocha de moi, mon coeur battait à tout rompre, je crus qu'il allait s'échapper de ma poitrine. Arrivée à quelques centimètres de moi, elle ferma les yeux, je restais interdit, je ne savais comment réagir. Ses lèvres entrèrent en contact avec les miennes, elles étaient si douce, je me sentais heureux. Puis soudain, sans que je ne m'y attende, elle introduisit sa langue dans ma bouche, cela me stupéfia, mon coeur accéléra encore, même si je ne croyais pas cela possible, mes yeux s'agrandirent. Puis ce premier choc passé, je laissais le bonheur m'envahir, elle caressait ma langue avec la sienne et je l'imitais. Je ne sais combien de temps nos langues dansèrent ainsi, le bonheur s'écoulait lentement le long de mon dos m'envahissant tout entier, je m'abandonnais à ce contact.
Lentement je sentais une sensation nouvelle monter en moi et s'emparer de mon corps. Je fis basculer Namira sur le dos, je me retrouvais allongé sur elle. Je ne savais pas ce que je faisais, je ne l'avais jamais fait avant, mais j'en avais envie, on en avait tous les deux envie. Je la pris, sur cette colline, tendrement, encore naïf et expérimenté, je la pris. Ce fut ma première nuit, pas ma plus grande, ni ma plus belle, mais cette nuit restera à jamais gravée en mon coeur.

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Byggvir

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MessageSujet: Re: Byggvir, l'ours d'Alderande   Jeu 1 Mai - 14:28

Chapitre 4 : Enrôlement volontaire


Nous passions tout notre temps libre ensemble, chaque soir nous nous promenions ensemble, nous discutions, nous nous embrassions. Elle souriait, elle souriait en permanence, elle était heureuse et moi ça me rendait heureux. Chaque nuit, nous prenions plaisir à unir nos corps avant de nous endormir dans les bras l'un de l'autre. Chaque matin, elle partait à la base, tandis que je restais et aidais son père aux champs. J'aimais bien son père, un homme bon, encore dans la fleur de l'âge, il avait tout de suite accepté ma relation avec sa fille, même si comme il le disait si bien j'étais encore un jeune blanc-bec. Il mit un point d'honneur à me confier tous les travaux les plus pénibles, afin que je ne ressemble plus à "une grand asperge", en fier vétéran, il prit plaisir à m'entraîner et très vite je gagnais en muscle et en technique.

Un mois s'écoula ainsi, le mois le plus heureux de ma vie, mais comme toutes les périodes heureuses de ma vie, elle prit fin dans le sang et les larmes. Namira et moi marchions main dans la main sur un sentier qui traversait une grande prairie, le vent courbait les hautes herbes, le soleil était bas. Namira riait à une de mes blagues, et c'est à ce moment que nous les vîmes, quatre soldats sortirent du bois à cent mètres de nous. Je sentis le pouls de Namira s'accélérer, je la regardais, elle avait l'air étonnée. Les soldats marchèrent vers nous, leur chef nous toisa. Il portait une armure blanche avec des bandes rouges, la voix déformé par son casque, il s'adressa à nous.
"Namira Tirvan ?"
Namira ouvrit grand les yeux, elle déglutit.
"Oui, c'est bien moi, que puis-je pour vous ?" Puis elle se recomposa et dit d'un air plus assuré. "Il y a un problème à l'infirmerie, un accident, vous avez besoin d'aide ?"
Le chef grogna.
"Nan, c'pas ça. Namira Tirvan, z'êtes en état d'arrestation, z'avez l'droit d'garder l'silence, tout c'q'vous direz pourra être utilisé contre vous."
Namira avait l'air effondrée, elle balbutia une réponse. J'étais totalement perdu. Un soldat s'approcha de Namira, je m'interposais.
"Attendez, c'est ridicule, qu'est ce que vous lui reprochez ? Il n'est pas nécessaire d'en arriver là, j'en suis sûr."
Le chef me regarda.
"Acte d'espionnage, haut' trahison. Elle s'ra interrogée puis exécutée. Maintenant 'cartez vous si vous v'lez pas être embarqué pour complicité."
Tout s'effondrait autour de moi, je restais incapable de réagir, le soldat me repoussa mollement et mit des menottes à Namira. Je restais interdit, comment ... non ce n'était pas possible, elle n'était pas comme ça, c'était une erreur, je devais empêcher ça, je ne pouvais pas la laisser se faire torturer et tuer pour une simple erreur. J'attrapai le soldat par le bras et d'un ton suppliant je lui dis.
"Vous vous trompez, c'est pas elle, c'est pas possible."
Le chef grogna.
"J't'avais prévenu."
Il me donna un coup de crosse à la mâchoire, sous le choc je tombai à terre. Je sentis le sang envahir ma bouche, le goût métallique était infâme, je crachai. Namira hurla, elle se jeta sur le chef et lui donna des petits coups sur le plastron avec ses mains liées. Le chef ne broncha pas, un soldat la pris par le bras et l'écarta, de dépit, elle se mit à pleurer.
La colère montait en moi, non, je n'abandonnerai pas. J'hurlai et je me jetai sur le chef, je voulais l'agripper à la taille. Il m'attrapa derrière le cou et m'envoya un coup de genou dans le ventre, je m'effondrai à terre. De son pied, il me retourna puis me frappa a plusieurs reprises. Je gémissais, je lui demandais d'avoir pitié de Namira, de la laisser ou au moins de me prendre à sa place. Il restait sourd à mes supplications et se contentait de me frapper.
Un soldat attrapa le bras de son chef et lui dit d'une voix douce.
"Arrêtes, il est amoureux, c'est pas sa faute, il a déjà eu plus que ce qu'il méritait pour sa témérité. Laisse le, s'il te plait."
Le chef grogna, arrêta de me frapper, me regarda et soupira.
"Ok, t'as raison."
Il s'en alla, avec son groupe et Namira qui pleurait abondamment, seul le soldat qui m'avait sauvé de la rage de son chef resta en arrière, il s'accroupit à côté de moi.
"P'tit, je sais que tu as mal et pas seulement à cause des coup que tu as reçu. Mais elle s'est foutue de toi, il faut que tu l'acceptes. C'est qu'une impériale, elle te mérite pas, tu es un type bien. Choisis mieux les personnes auxquelles tu te lies. Lorsque tu auras accepté la vérité, viens nous rejoindre, tu feras un excellent soldat, j'en suis sûre."
Le soldat parti rejoindre son groupe, puis s'arrêta, se retourna et me dit.
"Au fait, je m'appelle Etya, si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas à demander."
Elle repartit en courant pour rejoindre son groupe. Je restais au sol, les mains sur le ventre, je gémissais et je me mis à pleurer de rage, de dépit, de tristesse. Puis soudain, je me ressaisis, j'hurlai, nan je ne pouvais pas la laisser. Je me relevais, une main sur le ventre, et de loin je suivis le groupe de soldats. Ma progression était difficile, mon ventre me faisait souffrir, le sang emplissait ma bouche, je m'appuyais sur les arbres pour avancer plus facilement. Finalement j'arrivais devant la base, le groupe y entra, j'attendis quelques secondes, je pris sur moi et j'avançais sans laisser transparaître ma douleur. J'arrivais devant les gardes, ils me regardèrent arriver.
"On passe pas, les civils sont interdits dans l'enceinte de la base."
Je grognais, je n'avais plus la force de protester. Je repartais dans la forêt, sans dire un mot. Sous couvert de la forêt, je fis le tour de la base. J'étais dépité, je ne pourrais jamais pénétrer dans la base sans me faire repérer. Je m'assis, le dos contre un arbre, pour réfléchir, mais j'étais épuisé, je m'endormis.

Je me réveillais le lendemain, mon dos et mon ventre me faisaient souffrir, mais peu m'importait, je venais d'avoir une idée ...
L'air décidé, je retournais à la base, encore une fois les gardes m'interdirent l'entrée.
"Je viens m'enrôler."
L'un des gardes acquiesça, il s'écarta et m'indiqua une direction.
"Tu vois la tente là bas ? Bah c'est là."
Je me dirigeai d'un pas assuré et rejoins la queue devant la tente. Après une courte attente, je pénétrais enfin à l'intérieur. Légèrement inquiet, je regardais autour de moi. Un soldat assis à un bureau m'indiqua le siège en face de lui, je m'y assis.
"Comment vous appelez-vous ?"
L'air mal à l'aise, je lui répondis.
"Byggvir"
Le soldat tapa sur son ordinateur.
"Nom de famille ?"
J'hésitais.
"Casem
- D'où tu viens ?"
Mes yeux s'agrandirent, mon pouls s'accéléra, que dire ? La seule planète que je connaissais était Raxus, mais cela soulèverait trop de questions, et puis y avais ici aussi, mais le mensonge était trop grossier ... D'un coup je me rappelais une discussion entre deux autres futures recrues, ils étaient heureux de quitter le calme de ...
"Aldérande, je viens d'Aldérande."
Il me posa encore quelques questions auxquelles je répondis avec plus ou moins d'assurance. Puis il me dit en me souriant avec bienveillance :
"Eh bien, bienvenue dans la grande armée de la République. Ne t'inquiètes pas, nous allons te former et faire de toi un véritable soldat. Va à l'intendance, ils t'indiqueront tes futurs quartiers et te fourniront ton paquetage."
Je me levai et me dirigeai vers la sortie, le soldat m'interpella.
"Ne crains rien, petit, on est pas mal à venir refaire notre vie ici, au final peu importe ce que t'étais, maintenant tu es un soldat, c'est tout ce qui compte. Alors bonne chance, Byggvir Casem d'Aldérande et que ta nouvelle vie t'apporte ce que tu en attends."
Je murmurais d'un ton amer : "Je l'espère aussi."
Puis il cria : "Au suivant." Alors que je sortais.
Voilà, c'était fait, j'étais entré, maintenant il fallait que je retrouve ma belle Namira ...

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MessageSujet: Re: Byggvir, l'ours d'Alderande   Ven 2 Mai - 14:54

Chapitre 5 : Amour brisé


Ma nouvelle vie de soldat de la République commença dès le lendemain de mon recrutement. Le réveil à l'aube au son du tocsin augurait bien du reste de la journée. Toute la matinée fut réservée à un entraînement de combat rapproché. Malgré ma petite expérience, je ressortis meurtri et épuisé de cet entraînement acharné. Puis après un repas frugal, nous repartîmes pour un entraînement au tir, je montrais d'ailleurs une certaine aptitude au maniement du fusils d'assaut. À la fin de la journée, je regagnais mon lit avec difficulté et m'effondrais dedans. Je n'avais pas retrouvé Namira, mais j'étais trop épuisé pour faire quoi que ce soit d'autre que dormir et très vite je sombrai dans le sommeil.

Je me réveillai le lendemain, perclus de courbature et la journée recommença exactement comme la précédente. À nouveau je m'écroulai de sommeil le soir venu. Une semaine s'écoula ainsi, chaque jour plus pénible que le précédent. Le premier jour de la deuxième semaine, j'appris qu'au lieu de m'entraîner, j'allais prendre un tour de garde, j'accueillis cette nouvelle avec joie, enfin une journée de répit. J'étais assigné à un poste de surveillance, je devais regarder des écrans en compagnie d'un autre soldat jusqu'à ce que le soleil se couche. L'une des caméras attira mon attention.
Une jeune femme était assise dans une cellule, son état était déplorable, dévoilant la pénibilité de sa détention. Je ne pouvais détacher mon regard de cet écran, l'autre soldat le remarqua.
"Jolie, hein ? T'imaginerais pas qu'un petit brin de fille comme ça puisse être une espionne impériale mais c'est le cas."
Tout en continuant de fixer l'écran, je lui répondis.
"Mais qu'en sais tu ? C'était juste une petite infirmière ..."
Il ricana.
"Bah elle se tapait le commandant de la base, alors elle avait accès à pas mal de documents officiels. D'ailleurs le commandant ça lui a pas fait du bien, il a perdu sa place en tant que commandant de cette base et il va passer en jugement sous peu, d'autant qu'il passe pour un abruti devant tous les soldats de la garnison."
Quelque chose se brisa en moi, une douleur incommensurable monta lentement en mon coeur et m'envahit tout entier. J'avais envie de hurler, de crier que c'était faux, que ce n'était pas possible, mais je me rendis compte qu'au fond de moi, j'en doutais. Je ne savais comment réagir, la douleur, la colère, la tristesse, la peur, coulaient en moi, se mêlant en une cacophonie infernale. Ce déferlement d'émotion me chamboulait, je tremblais, je serrais les dents et les poings de toutes mes forces. Je n'avais qu'une envie revoir Namira, lui parler, qu'elle m'explique, qu'elle me dise que tout cela était faux, qu'elle m'aimait et que tous ces racontars ne valaient rien, je voulais qu'elle soit libre maintenant, que je puisse enfin connaître la vérité. Rompant le silence qui c'était dressé entre nous, l'autre soldat se mit à parler.
"Y a quelque chose qui ne va pas."
Je grognai, je le sentis s'approcher de moi, il avança son bras et tapota l'écran que je fixais, je remarquai seulement alors que l'écran était noir. Toute la tension s'évanouit d'un coup, je soupirai et souris.
"Je vais voir, ce n'est pas loin d'ici, toi reste là et avertis moi s'il y a un changement.
- Ok, Prat et Gram patrouillent dans le coin, je vais leur demander de te venir en renfort, ils devraient arriver peu de temps après toi."
J'acquiesçai et sortis de la salle de surveillance. Je me lançai en courant jusqu'aux cellules de détention, je devais faire vite, si je voulais profiter de ce problème technique pour secourir ma belle Namira.

J'arrivai en trombe devant la prison, la porte s'ouvrit avant que je n'appuie sur le bouton. Une jeune femme, les cheveux en bataille, du sang couvrant ses vêtements et empoignant fébrilement un blaster, se tenait devant moi. Elle me fixa, le regard vide, puis elle se mit à pleurer, elle se jeta dans mes bras, me serrant avec le peu de force qui lui restait. Elle murmura mon nom et resta ainsi dans mes bras pendant un instant qui me sembla durer une éternité. Dans ses bras, tous mes doutes s'évanouirent.
Puis elle relâcha lentement son étreinte et m'embrassa tendrement, j'étais tellement soulagé, elle m'aimait, j'en étais sûr maintenant. Elle me regarda en souriant.
"Je suis heureuse de te revoir, mais je dois partir, mon amour.
- Je viens avec toi.
- Je ... Je ne peux pas te demander ça.
- C'est moi qui te le dit.
- Je ... Suis moi."
Nous courûmes au travers des couloirs, Namira semblait sûre de son chemin, même si moi, je ne le connaissais pas. Devant mon air étonné, elle précisa.
"C'est un peu détourné mais ça nous fait éviter les caméras, plus tard l'on sera repéré mieux ce sera."
Elle sourit. Je fronçai les sourcils, le doute était revenu. Je secouai la tête pour le faire partir, mais il restait, je la suivis cependant.

"Halte !"
Je me retournai, nous étions à un carrefour, deux soldats nous avaient repérés, ils pointaient leurs armes en notre direction, je les regardais interdit, tout était fini. Soudain je sentis un bras se placer sous ma gorge et le canon d'une arme sur la tempe. Pour la deuxième fois aujourd'hui, mon coeur se brisa, lorsque j'entendis ma belle Namira parler.
"Lâchez vos armes ou je l'abats. Toi aussi Bygg."
Les soldats hésitaient. La tristesse me submergeait, la douleur de sa trahison transperçait mon coeur. Je lâchais mon arme, elle tomba à terre en un bruit mate, les larmes coulèrent le long de mes joues. Lentement les soldats levèrent les mains en posant leur arme à terre.
Namira ricana et abattit le premier d'un tir dans la tête, l'autre soldat se précipita sur son arme, trop lent, un tir, il tomba.
"Bygg, je suis désolée, je ..."
Je pleurais en silence, je soupirai.
"Je t'aimais...
- Bygg, je ... je t'aime ... mais je ..."
La colère m'envahit, elle m'avait trahi, elle m'avait humilié alors que je lui avais tout donné, tout ce que je possédais, tout ce à quoi je tenais, je l'avais tant aimé, et maintenant, alors qu'elle allait m'exécuter, elle continuait à se moquer de moi. Non ! Je le refusais, je voulais lui faire mal, la faire souffrir autant qu'elle m'avait fait souffrir.
En un instant, je me retournai, dans le même mouvement, de mon bras gauche, j'écartais son blaster et je m'accroupis, ramassant mon arme avec ma main droite. Ma manoeuvre la surprit tellement qu'elle n'eut pas le temps de réagir. J'agrippais mon arme et la pointais vers elle, les larmes brouillaient ma vision, mais à cette distance, cela n'avait que peu d'importance. Je pressai la gâchette, les larmes se firent plus abondantes, la douleur transperçait mon âme, elle s'effondra. Je lâchai mon arme et m'effondrai à terre. Je tombai à genou, en larme au dessus du corps de ma belle Namira. Je pleurais, je souffrais, je ne parvenais pas à arrêter.

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MessageSujet: Re: Byggvir, l'ours d'Alderande   Lun 26 Mai - 20:30

Chapitre 6 : Descente aux Enfers



J'étais seul, à genou, j'avais mal. Les larmes coulaient le long de mes joues. Devant moi s'étalait le corps inerte de Namira, ses yeux encore grand ouverts, sans vie, semblaient me reprocher mon acte. Pourtant c'était elle qui en était la cause, c'était elle qui m'avait trahi, c'était elle qui avait joué avec mes sentiments, elle était mon premier amour, elle était unique, elle était mon coeur, je l'avais aimé, elle m'avait utilisé, je l'avais tué, ne laissant de moi qu'une plaie béante. Je ne sais combien de temps je restais ainsi prostré sur le corps encore chaud de ma douce Namira. Tout cela n'était que folie, cela ne pouvait vrai et pourtant, le corps sans vie de Namira, étalé devant moi, me prouvait le contraire. C'était absurde et pourtant c'était. Je sentis à peine la main qui se posait sur mon épaule, j'entendis une voix douce, elle murmurait, je ne compris rien. L'on tenta de me relever, je n'eus pas la force de m'y opposer, on m'éloigna de Namira, je bredouillais mon envie de rester à ses côtés, on m'ignora, je marchais tel dans un rêve, les larmes continuaient de couler, les couloirs brouillés défilaient sous mes yeux, seule ma douleur était réelle. On m'amena à un lit, je m'y écroulai.
Des jours qui suivirent, je n'ai que peu de souvenirs, je me rappelle surtout de la douleur qui vrillait mon coeur, face à elle rien ne comptait, rien n'existait. Je suivais l'entraînement, j'accomplissais toutes ces tâches physique avec applications, elles purgeaient mon corps, mais mon esprit était ailleurs. Pourquoi avait elle fait ça, pourquoi travaillait elle pour l'empire, pourquoi avait elle joué avec mon coeur, pourquoi avait elle tenté de m'abattre ? Et la pire de toute, m'avait elle aimé ? La réponse était évidente, pourtant, je n'arrivais pas à me résigner, mon esprit torturé tentait de trouver des explications, une raison qui aurait pu la pousser à agir de la sorte, une réponse qui dirait que même partiellement elle m'avait aimé.
J'étais un automate, pas mieux qu'un droïde, pire qu'un droïde, je refusais de montrer la douleur qui me transperçait et seule la douleur existant, je ne montrais rien à mes compagnons d'arme, à leurs yeux j'étais totalement apathique. Les autres pensaient que je les méprisais et ils répondaient avec violence et méchanceté. Je ressentais l'aigreur dans leurs gestes, dans leurs paroles, mais cela ne m'importait plus, tout le mal qu'ils pensaient me faire n'était rien face à la souffrance qui m'étreignait jour après jour. Mon indifférence ne les rendait que plus acharnés.
Seule une poignée comprenaient d'où mon détachement provenait réellement. Ceux qui avaient arrêté Namira, ils savaient les sentiments que j'éprouvais et ils se doutaient du déchirement que je ressentais. La plupart d'entre eux me regardaient avec compassion, ou plutôt avec pitié. Plus que toutes les répliques acides et les coups vicieux, ces regards me faisaient du mal. La haine, je l'acceptais, elle coulait sur moi, mais la pitié, j'avais mal, je n'en restais pas moins moi, ils n'avaient pas le droit d'avoir pitié, je n'étais pas faible, je n'étais pas misérable, j'avais mal, ils n'avaient pas le droit de me regarder ainsi, je ne pouvais m'empêcher de me montrer agressif avec eux et très vite, ils apprirent à m'éviter. Deux d'entre eux, Sturm et Benett prenaient pour devoir de me faire rire, ils enchaînaient les blagues d'un goût douteux et je finis par afficher un pâle sourire, forcé de reconnaître, non pas leur réussite, mais du moins leurs efforts. Carrick, le chef du petit groupe, me foudroyaient en permanence du regard. Je ne sais ce que j'avais fait pour susciter sa colère mais un jour que nous étions seul, ce petit brin d'homme qui m'arrivait à peine aux épaules m'attrapa par le col, me plaqua contre le mur et commença à me crier dessus, allant jusqu'à m'insulter en proclamant que je ne connaissais pas ma chance. La tristesse voila mon regard, je secouai la tête et lui répondis qu'il ne savait pas de quoi il parlait, il me repoussa et me cracha au visage, je le laissais partir, sans rien dire, j'étais seul avec ma douleur. Mais Etya était celle qui déployait le plus d'efforts pour me changer les idées. Elle débordait de vie, constamment heureuse et insistait en permanence pour que j'accompagne le petit groupe à l'une de leur sortie en ville. Je passais tout mon temps libre seul, à pleurer Namira, à me torturer avec ces questions qui resteraient à jamais sans réponse. Alors un jour, plus fatigué que d'ordinaire, je ne pus résister à son sourire et j'acceptai.
Ils se connaissaient depuis si longtemps. Sturm, Benett, Carrick et Etya, ils étaient soudés, chacun connaissait les qualités et les défauts des autres et les acceptaient. J'aurais pu me sentir de trop, mais Ethya faisait tout son possible pour que je m'intègre à leur groupe et elle réussit. Pour la première fois depuis des jours, je passais une soirée agréable.
Ils étaient si heureux ensemble, au fur et à mesure de la soirée, leur bonne humeur détint sur moi, la douleur s'assoupissait. Elle était toujours présente, mais elle se montrait moins insistante. Puis finalement, mon esprit embrumé comprit que ma bonne humeur ne venait pas tant de la compagnie que de la boisson que j'ingurgitais depuis des heures. Je tentai alors d'enterrer ma douleur le plus profondément possible. Je rentrais à la caserne totalement hagard, mes compagnons avaient fait preuve d'une habilité incroyable pour m'aider à rentrer malgré mon état. Je m'écrasai dans mon lit et profitai de ma première vraie nuit depuis la mort de ma bien-aimée, la première nuit où je ne me réveillais pas en pleur une heure après m'être couché.
Je me réveillais péniblement le lendemain, la bouche pâteuse, une douleur aigue me perçait le crâne, un goût âcre et acide à la fois m'emplissait, par réflexe je me rendais au latrines, mon estomac était presque vide, un liquide vert épais au goût infâme se faufila au travers de mes lèvres. Ma tête protestait contre ce brusque changement de niveau. Mais pire que tout, ma douleur était revenue. Cependant, malgré l'état dans lequel je m'étais mis, je ne pus m'en empêcher, j'y retournai le lendemain, puis le surlendemain, puis le jour d'après ...
Lorsque je remarquai la vitesse à laquelle ma première solde fondait, je me suis mis à des alcools de plus en plus forts de qualité de plus en plus médiocre pour finir dans des bars miteux à boire des liquides au goût au moins aussi douteux que la provenance mais qui avaient le mérite de m'enivrer rapidement à bas coût. Mais que m'importait le goût lorsque je pouvais endormir ma douleur de façon pérenne ? Très vite, mon foie se fit lourd, mes mains tremblaient légèrement tout le jour durant réclamant leur dose, mes résultats aux entraînements devenaient pathétiques, déconcertant mes enseignants qui peu de temps auparavant me promettaient un glorieux avenir au sein de la grande armée de la République Galactique. La haine que l'on me vouait se transforma en mépris et en dégoût pour l'épave que je devenais, les rares qui m'avaient soutenu me tournaient le dos, je lisais la déception dans le regard d'Etya, pourtant elle restait, elle était la seule à rester, malgré tous mes efforts pour la repousser, elle était là, elle, son sourire si blanc et son regard maintenant si triste. Mais tout ça, je m'en fichais, je me détruisais, je le savais, mais n'accordais aucune importance à mon existence, j'étais seul, j'avais mal, la vie n'était pour moi qu'un enfer que je devais supporter, je ne vivais que pour ces soirées, ces moments où anesthésié par l'alcool, la douleur s'endormait enfin, je vivais pour ces brefs instants de bonheur que je payais au centuple le lendemain.
Mais tout ceci ne pouvait durer, la réalité vint couper court à ma fuite ridicule. Mon comportement futile et égoïste fut sanctionné un soir où je sombrai plus profondément encore...
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MessageSujet: Re: Byggvir, l'ours d'Alderande   Lun 2 Juin - 4:06

(ce chapitre est relativement rude et la partie sous spoiler pourrait choquer la sensibilité des plus jeunes ou des moins jeunes d'ailleurs, c'est une scène plutôt crue et violente, c'est pourquoi après l'avoir envoyé à Kiri, on a décidé de la mettre sous spoileur. Bref voilà âme sensible et mineurs ne cliquez pas !)

Chapitre 7 : Un nouvel espoir

C'était une nuit comme une autre, je sortais d'un bar sordide, je pouvais à peine marcher. Soudain, une voix retentit dans la ruelle.
"Envie de t'amuser, mon mignon ?"
Spoiler:
 
Soudain, une décharge électrique me parcourut, l'espace d'un instant, je fus paralysé. La femme en profita pour s'enfuir en courant. Le pantalon toujours sur les genoux, je tombais à terre m'enfonçant légèrement dans la fange de la ruelle. Je commençais à réaliser ce que j'avais fait ou plutôt ce que j'avais failli faire. J'étais allongé sur le côté, je pleurais, je souffrais. J'étais perdu, ma douleur ne disparaîtrait jamais, je le savais, tout l'alcool de la galaxie n'y changerait rien. Je vidai mon estomac, ajoutant une touche personnelle aux immondices emplissant la ruelle et laissant un goût acide dans ma bouche. Mes émotions continuaient de se déchaîner en moi. Soudain, j'entendis des pas s'approcher, je souris tristement, elle allait peut être m'achever, enfin tout allait se finir, ici dans cette ruelle misérable, une fin minable pour une existence minable. Une silhouette aux contours flous se dessina devant moi, s'agenouilla et posa la main sur mon épaule. J'entendis une voix douce parler avec assurance.
"Arrête ça."
Avec douceur, la silhouette me releva, elle remonta mon pantalon et m'emmena loin de cette ruelle. Nous marchâmes au travers de la ville, au travers des champs et finalement nous nous arrêtâmes, elle me lâcha, je m'écroulai et m'endormis.
Je sentais le soleil pâle me réchauffer agréablement, j'ouvris lentement les yeux, je tentais de me relever, je sentis ma tête protester, je me rallongeai, j'entendis un petit rire cristallin. Une voix taquine s'adressa à moi.
"ça t'apprendra à te mettre dans des états pareils, non mais franchement quelle idée de boire autant, et puis de ..."
Sa voix mourut, je tournai ma tête vers elle. Je reconnus Etya. Je fermai les yeux et serrai la mâchoire. Pourquoi fallait elle qu'elle m'ait vu ainsi, pourquoi elle et pourquoi cela me touchait tant ?
"T'aurais dû me laisser là bas ...
- Et te laisser te faire dépouiller, violer et égorger, j'aurais pas fait ça à un frère.
- Je suis pas ton frère.
- Tu es mon frère d'arme.
- C'est pas pareil, et puis tu suis tous tes "frères" dans les quartiers miteux lorsqu'ils vont se déchirer ?"
Elle rougit légèrement.
"- Qu'est ce qui te dit que je te suivais ?
- Bah t'es pas venu pour le charme de ce bouge et puis je doute que tu sois en manque de compagnie, t'as qu'à lever la main et tu te fais monter par n'importe lequel de la garnison."
Ricanement amer.
"Etrange façon de dire que tu me trouves jolie.
- Mouais" Je me redressai péniblement, ignorant ma douleur au crâne. "Bah faudra t'en contenter."
Nous restâmes un moment à regarder le lever du soleil, nous ne prononçâmes pas un mot. Puis, soudainement, elle brisa le silence.
"Pourquoi tu fais ça ?
- Fais quoi ?
- Te mettre dans cet état."
Je ne dis rien, je réfléchis, puis finalement je tentai de lui répondre, je lui expliquais ma douleur, je lui expliquais mon passé, mes frères, ma capture, ma rencontre avec Namira, sa trahison. Je savais que c'était lui faire confiance sans raison, mais cela faisait trop longtemps que je gardais ça pour moi, trop longtemps que cela me rongeait, j'avais besoin de partager ce fardeau. Je passais juste sous silence le cube et ses pouvoirs, les dissimulant par ma chance et une prétendue ignorance. Elle m'écouta, le visage fermé, regardant au loin puis quand j'eus fini mon récit, un sourire triste se dessina sur son visage.
"Et alors ?"
Cette question me laissa sans voix, je venais de tout lui avouer et cela n'était pas suffisant ! Elle poursuivit, le regard dans le vague.
"C'est pas parce que t'as eu une vie pourrie que tu dois te détruire comme ça."
Un léger sanglot transparaissait dans sa voix.
"C'est trop facile, t'as pas le droit, t'as pas le droit d'être aussi égoïste."
Un court silence s'installa entre nous. Elle mordilla sa lèvre inférieure, puis le regard toujours dans le vague, elle continua.
"Ma mère est une de ces putes de caserne, et mon père ... un gros queuetard comme toi. Je doute qu'il ait la moindre idée de mon existence. J'ai eu une enfance misérable, ma mère vendait son corps pour quelques crédits nous donnant à peine de quoi manger. Et puis le jour de mon premier saignement, elle a vendu mon corps également, pour que je lui rembourse tout ce que je lui avais coûté."
Une larme coula le long de sa joue.
"Je me suis engagé dès que j'ai eu l'âge, j'ai fui cette vie, j'ai fui ma mère. Elle est toujours là quelque part dans ces ruelles sombres, si ça se trouve c'est elle que t'a sauté. Mais maintenant, tout ça c'est fini, tout ce que j'ai subi, c'est derrière moi."
Elle fit une légère grimace.
"Le passé, c'est du passé Bygg, faut pas que tu laisses ce passé paralyser ton présent et détruire ton avenir.
- Je suis pas un queuetard."
Elle éclata de rire, un rire amer.
"C'est tout ce que tu as retenu ? Bah écoute, c'est bien imité en tout cas.
- Je suis pas comme ça, je ... j'ai mal, je suis fatigué, je ..."
Je baissai la tête, elle me regarda.
"C'est que des mots, ça, Bygg, ça veut rien dire, les mots, c'est du vent.
- Je .. oui, mais je le pense vraiment.
- Si tu le dis ... tu sais, le pire dans tout ça, c'est que j'ai cru que tu valais vraiment le coup, que t'étais différent."
Elle se releva lentement, croisa les bras sur sa poitrine et regarda au loin. Elle poursuivit.
"Même lorsque t'as sombré dans l'alcool, je te trouvais des excuses, je me disais que c'était un coup de blues passager, que tu reviendrais comme avant. J'ai même envisager que ..." Elle sanglota. " Que tu sois le premier."
J'étais interdit, mais je parvins à articuler. "Le premier ?"
"Le premier que ma mère ne ferait pas payer." Elle éclata en sanglots, les larmes s'écoulaient le long de ses joues, je sentis la tristesse m'envahir.
"Je ..."
Elle ne me laissa pas le temps de poursuivre mon bredouillage, elle partit en courant, laissant une plaie ouverte en mon coeur. Je restais, assis, sans rien dire. Qu'aurais je pu répondre à ça ? Je croyais que plus personne ne comptait, que j'étais seul. Mais c'était faux, elle était là, elle avait toujours été là depuis la mort de Namira, elle voulait m'aider, elle tenait à moi. Comment avais je pu me montrer aussi aveugle, aussi cruel ? J'avais été si égoïste, si faible. Je croyais me détruire, moi, que cela ne regardait que moi, mais c'était des conneries. En me détruisant, je la détruisais aussi, la petite Etya au regard maintenant si triste. Je devais arrêter, je devais me reprendre, pas pour moi, pour elle. Elle avait cru en moi, je l'avais déçu. Mais loin de m'attrister, je puisai une force nouvelle dans ses propos. Je lui monterai ce que je valais vraiment, je serai éclatant, je me monterai digne d'elle.
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